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  • Photo du rédacteurDorothée Moisan

Comment survivre à la découverte de l'Anthropocène ?



Comment survivre à la découverte de l’Anthropocène ?

Ceci est un texte que j'ai écrit début 2018, lorsque j'ai commencé à me former sur les affaires climatiques. Un plongeon dont on ne revient pas indemne. Mais, progressivement, on réapprend à nager.


Ce texte, qui relatait les interrogations apparues lors de mon Master2 sur le changement climatique, n'avait pas vocation à être publié. Mais plusieurs personnes un peu perdues me l'ont demandé. Alors le voici. Pour les amateurs de plongée.



Cher lecteur,

Tu me connais depuis longtemps déjà. Cela fait 18 ans désormais que chaque jour, ou chaque semaine, je t’écris pour te raconter le monde et ses coulisses, t’expliquer ce que j’en ai compris, te transmettre la parole de ceux auxquels tu n’as peut-être pas directement accès. J’ai toujours refusé d’écrire à la première personne. A quoi bon m’exposer et t’imposer le filtre impudique de ma subjectivité ? A quoi bon ce « je » adventice et grossier ? Mais ça, c’était avant. Avant d’être tombée dans l’Anthropocène. Ce que je vais te raconter, tu vas voir, ne supporte que le « je ». Car depuis la chute -l’Éveil diront certains-, vivre ne va plus vraiment de soi. T’écrire non plus d’ailleurs. J’ai donc décidé de rédiger cet article singulier pour, le plus honnêtement possible, te faire part de mon questionnement.


L’Anthropocène, autrement dit « l’ère de l’homme », c’est le nom que Paul Crutzen - le chimiste qui a sauvé la couche d’ozone (1) - a donné à cette période de l’histoire où les activités humaines ont commencé à avoir un impact manifeste sur la Terre et son climat. Le scientifique a fait démarrer ce nouvel « âge géologique » en 1784, date du brevet de James Watt sur la machine à vapeur, symbole des débuts de la Révolution industrielle. Il y a polémique sur la date précise à laquelle cette ère a débuté et où l’homme aurait commencé à altérer la planète : il y a 200.000 ans, avec l’apparition d’Homo Sapiens en Afrique ? Lors du Néolithique avec le développement par l’homme de l’agriculture, de l’élevage et de la déforestation? En 1492, lors de la conquête de l’Amérique et de son cortège d’atrocités ? Lors de la Révolution industrielle ? Ou lors de la Seconde guerre mondiale et l’explosion de la première bombe atomique ? Finalement, peu importe. Quelle que soit l’heure à laquelle le crime a été « commis sur l’horloge géologique (2) », pour reprendre la formule des historiens des sciences Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil, l’Anthropocène, c’est « une Terre dont l’atmosphère est altérée par les 1 500 milliards de tonnes de dioxyde de carbone que nous y avons déversées en brûlant charbon et pétrole. C’est un tissu vivant approuvé et artificialisé, imprégné par une foule de nouvelles molécules chimiques de synthèse qui modifient jusqu’à notre descendance. C’est un monde plus chaud et plus lourd de risques et de catastrophes, avec un couvert glaciaire réduit, des mers plus hautes, des climats déréglés. [...] Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. »


"Nos ancêtres ont détruit les environnements en toute connaissance de cause"

Longtemps, j’ai cru - toi aussi peut-être - que ce réchauffement climatique, ce carnage environnemental, ces exterminations d’espèces ou encore cette pollution généralisée, nous les avions déclenchés par inadvertance finalement. Comment aurions-nous pu causer tel désastre si nous avions connu la portée de nos actes et de nos modes de vie ? C’était tout bonnement impossible. Et puis... Et puis j’ai commencé à dessiller mes yeux obscurcis par les récits glorieux de l’homme et de son indissociable progrès. J’ai compris que nous vivions à crédit, consommant en à peine sept mois toutes les ressources que la Terre peut produire en une année. Des alertes il y en a pourtant eu, dès le 18e siècle. Des philosophes, des économistes, des scientifiques... Beaucoup ont tiré la sonnette d’alarme, prévenant du caractère limité des ressources et des dangers d’un capitalisme désinhibé. Dans les années 1970, de nombreuses voix se sont élevées pour avertir de l’impossibilité d’une croissance infinie et plaider pour une consommation raisonnée, mais elles ont été marginalisées. « La conclusion s’impose, assez dérangeante en vérité, que nos ancêtres ont détruit les environnements en toute connaissance de cause », conviennent Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil. « Loin du récit d’une cécité suivie d’un éveil, c’est donc une histoire de la marginalisation des savoirs et des alertes, une histoire de la désinhibition moderne qu’il convient d’envisager. L’entrée de notre planète dans l’Anthropocène fait suite non pas à un modernisme frénétique aveugle à l’environnement, mais, bien au contraire, à des décennies de réflexions et d’inquiétudes quant à l’altération humaine de notre Terre (3). »

Voilà, ça c’est pour le détail qui m’avait échappé. Tomber dans l’Anthropocène, ça veut dire prendre conscience de la responsabilité non pas aveugle de l’homme dans la destruction de la planète, mais bien d’une responsabilité les yeux grand ouverts. Ça, c’est le premier choc. Je ne m’appesantirai pas ici sur les raisons de ce déni. Ces dernières années, de nombreux sociologues ou auteurs comme George Marshall (4) ont minutieusement dépiauté les raisons de ce déni. Le second traumatisme découle assez naturellement de ce premier choc. Tout porte en effet à craindre que tout va continuer comme avant. Comme l’écrivent nos deux historiens, « l’Anthropocène, c’est le signe de notre puissance, mais aussi de notre impuissance ». Les chefs d’État ont beau se réjouir d’avoir signé en 2015 l’Accord de Paris où ils se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C la hausse de la température à la surface de la Terre d’ici la fin du siècle, force est de constater qu’après trois ans de stabilité, les émissions de CO2 et de méthane sont reparties à la hausse en 2017. Depuis le sommet de Rio en 1992, l’inertie est l’effort le mieux partagé d’un bout à l’autre de la planète. Et puis, tu sais, de toute façon, même si d’un coup de baguette magique, on parvenait demain à changer nos modes de vie et à nous passer, subito, des énergies fossiles, on mettrait des centaines de milliers d’années à retrouver un régime climatique viable pour l’humanité.


« la différence entre deux et quatre degrés, c’est la civilisation humaine »

Dans les journaux et les sommets climatiques, on parle beaucoup de ces 2° C qui seraient l’objectif ultime pour 2100. Si l’on ne réduit pas suffisamment nos émissions carbonées pour nous maintenir sous ce seuil, on nous promet le début de sérieux ennuis. Ça, c’est la version optimiste. En réalité, ce n’est qu’un des scenarii des chercheurs du GIEC (5), qui envisagent une hausse des températures pouvant aller jusqu’à 5°C. Récemment, de très sérieux chercheurs de Stanford au Royaume-Uni ont réalisé une nouvelle étude concluant que si les émissions se maintenaient à leur niveau actuel, « il y avait 93% de chances que le réchauffement climatique dépasse 4 degrés à la fin de ce siècle ». Pour reprendre l’image de Hans Joachim Schellnhuber, un scientifique écouté sur la question climatique : « la différence entre deux et quatre degrés, c’est la civilisation humaine ». Tout simplement.

Anthropocène, ça veut donc dire d’une part, que cela fait deux siècles et demi que l’homme altère délibérément la Terre et son climat et d’autre part, qu’il n’y a aucune raison pour que cela change. Car comme l’écrivait en 2004 Dennis Meadows (6), les contours de la catastrophe ont beau s’être précisés, durant toutes ces années, « nous avons simplement continué à changer les raisons de ne pas changer notre comportement. » Les scientifiques nous ont pourtant alerté qu’il existait des points de bascule du climat et des seuils d’écroulement brutal des écosystèmes. Seuils que l’on découvrira bien sûr une fois qu’il sera trop tard. Et puis, le climat n’est aujourd’hui plus seul en cause : la surpopulation mondiale, la surconsommation par les pays riches, l’épuisement des ressources, l’empoisonnement chimique universel, la sixième extinction des espèces, les mauvais choix énergétiques ou technologiques... Les causes possibles d’effondrement sont multiples.


Si vous vous contentez de vous dire : « ça s’arrangera, la nature y pourvoira », vous saignerez longuement dans la chair de vos enfants. Car « la nature » n’y pourvoira pas et « ça » ne s’arrangera pas.

L’effondrement est donc irréversible. La seule inconnue en est la date. Je ne résiste pas à l’envie de te faire (re)lire le prophétique Barjavel, qui dans une auto-interview - genre dont il était friand - « répond » à un journaliste de 26 ans, devenu père le matin même. Nous sommes alors en 1962 : « Les problèmes qui vont se poser à nos enfants sont d'une tragique simplicité. Ils concernent les fonctions essentielles de l'homme : respirer, boire, manger, se reproduire. [...] Si votre génération ne prend pas immédiatement conscience des dangers, tout est perdu. [...] L’air va pourrir. Les espaces verts vont rapidement s’amenuiser. L’oxygène sera de moins en moins renouvelé, alors que les combustions de toutes sortes, doublées ou triplées en 20 ans, tendront à la remplacer de plus en plus vite par de l’acide carbonique et toutes sortes de déchets agressifs. [...] Si vous vous contentez de vous dire : « ça s’arrangera, la nature y pourvoira », vous saignerez longuement dans la chair de vos enfants. Car « la nature » n’y pourvoira pas et « ça » ne s’arrangera pas (7). »

Une fois que tu as saisi tout cela, une question se pose, finalement assez simple : comment survivre avec ces sales idées en tête ? Apparaît, là aussi assez simplement, la solution - rapide et efficace - du suicide. Puisque l’humanité est dans le déni et ne VEUT pas savoir qu’elle court à sa perte, à quoi bon vivre ? Autant baisser les bras tout de suite et disparaître, au jour qu’on aura choisi, de la surface de la Terre. Avant de commettre l’irréparable, je me suis dit que j’allais sonder quelques spécialistes de l’Anthropocène tombés bien avant moi : à quelle branche ces diables de rescapés étaient-ils parvenus à se raccrocher ? D’abord, je t’avoue que j’ai été un peu rassurée. Rassurée de voir que je n’étais pas la seule dans ce cas désespéré. Cela étant dit, j’ai aussi compris que j’avais enfilé mon baudrier pour m’engager sur une voie longue et escarpée. L’écologiste britannique George Marshall, auteur il y a quelques années d’un ouvrage éclairant sur le déni climatique, avoue ainsi avoir « mis des années à arriver à la conviction que le changement climatique est une réalité et qu’il menace tout ce qui m’est cher. Lourd fardeau que ce savoir qui, dans mes heures les plus sombres, m’envahit d’une peur panique. » Pour survivre, il dit avoir lui aussi « appris à mettre de côté cette crainte : je sais que la menace est réelle, mais je choisis délibérément de ne pas la percevoir. J’ai compris que je ne pourrais pas trouver de réponses en regardant trop longtemps en face la source de mon angoisse (8). » S’autoriser, parfois, à détourner le regard. Cloisonner pour ne pas sombrer.


"Les deux premières années sont particulièrement éprouvantes"

C’est la technique qu’a adoptée Alexandre, un confrère qui, lors de nos études communes sur le changement climatique m’a avoué être « devenu un expert en cloisonnement ». « J’ai séparé mes deux cerveaux », m’a-t-il expliqué. D’un côté, son cerveau rationnel, de l’autre, son cerveau émotionnel. « C’est le seul moyen que j’ai trouvé. Sinon tu cries au secours sans cesse et tu ne peux être utile et te concentrer sur ce que tu peux apporter. »

David Azoulay, lui, a « commencé à être hanté par cette pensée » il y a une quinzaine d’années. Pour info, me prévient-il goguenard, «quand tu prends conscience de “ça”, les deux premières années sont particulièrement éprouvantes... » Un regard à mon baudrier : l’escalade s’annonce encore plus longue que prévue... Cet avocat de 42 ans travaillant au Centre de droit international de l’environnement (CIEL) se souvient avoir posé cette question de la survie à son patron de l’époque. D’abord, lui avait répondu son aîné, « je reconnais que le monde va changer, vite, et pas pour le mieux. Ensuite, j’ai le choix entre trois postures : - une qui consiste à dire : “après moi le déluge”, où je profite des derniers conforts de la vie, - une seconde où j’ai conscience du drame en train de se dérouler, mais ne peux rien y faire. Je peux seulement adapter mon comportement pour limiter les impacts et m’investir dans la vie associative par exemple, pour tenter non pas de freiner, mais d’accompagner le changement, - la dernière posture consiste à se retirer du monde et à mettre en place à petite échelle des structures résilientes, autonomes, comme des éco-villages ».

David, qui pense « toutes les semaines, enfin... plutôt tous les jours, » à l’éventualité d’un effondrement de notre civilisation, a songé sérieusement à cocher l’option n°3, la solution autarcique. Avec des amis, il a cherché à s’acheter des terres, quelque part en France dans un lieu bien desservi, où le climat serait clément et l’eau abondante. Se débrancher du système industriel et reprendre possession de ses moyens de subsistance. Mais il a abandonné. « Je n’étais pas prêt à baser toutes mes décisions sur le fait que ça va s’effondrer », confesse-t-il aujourd’hui. Alors il a choisi la voie médiane : il a adapté son comportement personnel et mis son énergie professionnelle au service d’un scénario qui n’est pas celui du business as usual. « Une de mes grosses béquilles mentales et émotionnelles, c’est le travail que je fais : au moins, j’y consacre l’ensemble de ma vie professionnelle. Je fais ce que je peux pour changer le monde, tout en étant réaliste sur le fait que cela ne va pas suffire ». Et le soir, une fois rentré à la maison, il prépare sa fille à « ça »: « je ne l’éduque pas dans un état d’esprit de fin du monde, mais je l’arme pour affronter un monde qui va beaucoup changer ».


"Je fais ce que je peux pour changer le monde, tout en étant réaliste sur le fait que cela ne va pas suffire"

Dans ce choix de vie, admet-il, « il y a aussi une sorte d’acte de foi, de décision que, en dépit du changement, la Terre va rester un espace vivable pour les êtres humains, qui ont encore des choses à apporter ». De toute façon, « le choix, c’est de continuer ou d’arrêter de vivre ». Tout comme George Marshall, sa respiration c’est de parfois s’autoriser à vivre comme s’il ignorait qu’on allait droit dans le mur : « je m’autorise à prendre un burger quand j’ai envie d’un burger, à ne pas y penser et à juste vivre. »


Comme tous les collapsologues (9), David est convaincu que l’on se dirige vers un effondrement. Mais sa force est de « refuse[r] de croire que c’est inéluctable ». C’est la théorie développée par le philosophe français Jean-Pierre Dupuy dans son ouvrage Pour un catastrophisme éclairé. « La catastrophe est inscrite dans l’avenir, mais avec une probabilité faible », écrit-il. « Cette configuration inédite, loin de constituer une vision pessimiste de notre situation, représente peut-être notre unique possibilité de salut. C’est parce que nous nous fixons sur cet événement inéluctable qui, peut-être, ne se réalisera pas, que nous trouverons, peut-être, les moyens de faire qu’en effet l’inéluctable ne se produise pas (10). » Il suffirait donc de croire la catastrophe inévitable afin d’être en mesure de la déjouer. La difficulté, pointe le philosophe, réside en ce blocage dans notre cerveau. « Admettons que nous soyons certains, ou presque, que la catastrophe est devant nous », pose Jean-Pierre Dupuy. « Le problème est que nous ne le croyons pas. Nous ne croyons pas ce que nous savons. Le défi qui est lancé à la prudence n’est pas le manque de connaissance sur l’inscription de la catastrophe dans l’avenir, mais le fait que cette inscription n’est pas crédible. [...] Nous tenons la catastrophe pour impossible dans le même temps où les données dont nous disposons nous la font tenir pour vraisemblable et même certaine ou quasi-certaine. [...] Même lorsqu’ils sont informés, les peuples ne croient pas ce qu’ils savent. [...] Non seulement la peur de la catastrophe à venir n’a aucun effet dissuasif ; non seulement la logique économique continue de progresser comme un rouleau compresseur ; mais aucun apprentissage ’a lieu. La catastrophe n’est pas crédible, tel est l’obstacle majeur. »


"l'utopie a changé de camp : est aujourd’hui utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant"

Le changement climatique est pourtant un fait scientifique. Les seules incertitudes concernent son ampleur, certaines causes et certains effets. Impossible pour moi de survivre en me bandant les yeux. « Et si, tout en regardant les catastrophes les yeux dans les yeux, nous arrivions à nous raconter de belles histoires (11) ? » proposent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, deux jeunes chercheurs « in-terre- dépendants » comme ils se revendiquent eux-mêmes. Selon le tandem, « l’utopie a changé de camp : est aujourd’hui utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. Le réalisme, au contraire, consiste à mettre toute l’énergie qui nous reste dans une transition rapide et radicale, dans la construction de résilience locale, qu’elle soit territoriale ou humaine. »

Conscients que l’homme est peu touché par les chiffres bien trop « froids » compilés par les scientifiques, Pablo Servigne et Raphaël Stevens se sont essayés dans leur livre à « faire le lien entre l’Anthropocène et [n]otre estomac. » Ils savent que « le sujet de l’effondrement est un sujet toxique qui vous atteint au plus profond de votre être. C’est un énorme choc qui dézingue les rêves. » Durant toutes leurs années de recherche, les deux auteurs témoignent avoir eux-mêmes « été submergés par des vagues d’anxiété, de colère et de profonde tristesse ». Car tomber dans l’Anthropocène, c’est faire « le deuil d’une vision de l’avenir. [...] Accepter la possibilité d’un effondrement,c’est accepter de voir mourir un avenir qui nous était cher et qui nous rassurait, aussi irrationnel soit-il. Quel arrachement ! » Mais comme dans tout processus de deuil viennent ensuite « le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation ». « Savoir et comprendre ne représentent que 10% du chemin. En parallèle, il faut arriver à y croire, à agir en conséquence et surtout à gérer ses émotions. »

Pour le duo, le seul moyen de se libérer, de retrouver la joie, l’espoir, le goût de l’action et « un sens à nos vies » est de voir en l’effondrement « une formidable opportunité pour la société ». Après la phase de sidération, l’action serait le moyen de « sortir d’une position d’impuissance inconfortable en apportant quotidiennement des satisfactions qui maintiennent optimistes. Ce sont d’abord de petites actions qui paraissent insignifiantes, puis de plus conséquentes, suivant les gratifications que chacun a pu tirer des premières. C’est en agissant que notre imaginaire se transforme. Et c’est aussi pour cela qu’en fonction des affinités et de l’histoire de chacun, certains choisiront la voie de l’insurrection violente (plus ou moins émancipatrice), d’autres celle du repli identitaire ou de la fuite, d’autres encore celle de la construction d’alternatives non-violentes. [...] Quelle que soit l’étape où nous nous trouvons, il faut continuer à vivre, immergés dans ce “monde d’hier”, avec les contradictions et l’inertie que cela implique. [...] L’essentiel, dans un premier temps, est que la croyance profonde en un effondrement ne rende pas notre présent trop désagréable - pour nous-mêmes et aussi pour nos proches -, car nous aurons grandement besoin de réconfort affectif et émotionnel pour traverser ces temps de troubles et d’incertitudes. »


"nous réinventerons des moyens de faire la fête"

Survivre consisterait donc à défricher ou inventer des chemins d’avenir réalistes vers « une vie moins complexe, plus petite et plus modeste, et bien cloisonnée aux limites et aux frontières du vivant ». « L’effondrement n’est pas la fin mais le début de notre avenir », promettent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, convaincus que « nous réinventerons des moyens de faire la fête, des moyens d’être présent au monde et à soi, aux autres et aux êtres qui nous entourent ».

Écologiste de la première heure, Fabrice Nicolino ne dit pas autre chose. Choisissant de « passer [s]on tour » pour le suicide, le journaliste dit ressentir « tout au contraire la nécessité de relever la tête, et de sortir enfin de la sempiternelle lamentation (12) » « Oui, reconnaît-il, il est vrai, et chacun le sait, que tout disparaît à vive allure. [...] Dans ces conditions, et sauf phénoménal sursaut, l’homme va connaître les heures les plus terribles de son existence terrestre. Y a-t-il de l’espoir ? Je le pense, contre certaines évidences. Mais cela suppose une énergie collective. [...] Le temps à venir aura besoin de valeurs qui paraissent être en perdition. De courage. De volonté. De solidarité. De coopération d’un bord à l’autre de toutes les mers. »

Pour Fabrice Nicolino, ce changement « doit affecter l’âme, les valeurs, la hiérarchie des choses utiles, et passe en conséquence par ce que d’autres que moi ont nommé “l’insurrection des consciences”. On n’avancera plus sans une pleine rupture mentale avec ce monde et ses innombrables colifichets. Il faut accepter d’en devenir les dissidents définitifs et refuser de continuer à jouer les parties truquées qu’il offre à des peuples mi-complices, mi-perdus dans les brumes de l’aliénation par les objets. »

C’est à cette même révolution mentale qu’appelle Jean-Pierre Dupuy. Il défend la thèse que « l’obstacle majeur à un sursaut devant les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’humanité est d’ordre conceptuel. Nous avons acquis les moyens de détruire la planète et nous-mêmes, mais nous n’avons pas changé nos façons de penser. Nombreux aujourd’hui sont ceux qui cherchent des issues en concevant des procédures de délibération et de décision, démocratiques ou non. Je doute que celles-ci soient capables à elles seules de résoudre les problèmes sur lesquels la philosophie (la métaphysique) se casse les dents depuis qu’elle existe. [...] La catastrophe est peut-être située dans l’avenir, mais celui-ci est-il réel ? [...] S’il y a prophétie, donc parole au sujet de l’avenir, cela interdit-il le libre- arbitre, entendu comme capacité d’agir autrement qu’on ne le fait ? [...] Ce sont là des problèmes qui sont parmi les plus anciens de la philosophie, et il se trouve qu’il est indispensable de leur donner une réponse pour être à la hauteur des défis de notre temps. »


"Le fait de savoir un effondrement possible ne rend pas la réflexion absurde. Au contraire."

Cette réflexion, le philosophe Dominique Bourg la mène lui-même depuis une quinzaine d’années. « Même si le terme est sorti au début des années 2000, on n’avait pas encore l’idée de ce qu’était vraiment l’Anthropocène », se remémore-t-il. Et puis, ça a été comme « une leçon des ténèbres ». Dans les années 1990 et 2000, les émissions de CO2 explosent avec l’entrée des pays émergents dans la course, les scénarios les plus noirs se réalisent. Au début des années 2000, « je me dis que c’est foutu. Je n’y crois plus. Je vire ma cuti. » Face au « piège écologique » - « même si on se mettait tous à hiberner aujourd’hui, c’est déjà trop tard, on se prendrait 3 ou 4 dixièmes de degré d’ici 40 ans » -, il tente de lutter en « conscientisant » : « j’ai essayé d’inventer la démocratie du 21e siècle, de déterminer quels étaient les instruments institutionnels qui pourraient faire mieux que ce qu’on fait ? » Pour faire émerger de nécessaires contre-pouvoirs, il imagine une chambre parlementaire spécialisée sur les questions de long terme, avec des membres non élus afin d’éviter le risque de compromis entre intérêts à court terme. Mais constate-t-il aujourd’hui, dépité, « tout le monde s’en fout ».

Reste un rebond moral. « Le fait de savoir un effondrement possible ne rend pas la réflexion absurde. Au contraire,c’est un horizon,c’est presque un booster pour imaginer des systèmes de fonctionnement différents. » Pour lui, le moment où l’on s’éveille à l’Anthropocène, c’est celui où il ne faut justement pas se décourager. Dans ces périodes où tout peut basculer, les expériences individuelles sont fondamentales, tout comme les réseaux de solidarité. Seule une infime partie de la société tâtonne et tente de réduire son empreinte écologique ? Eh bien plutôt que de se déresponsabiliser, il est essentiel de vivre cette communauté comme un lieu de ressourcement, d’inspiration et de tâtonnement, où l’on a l’opportunité d’inventer un modèle de développement alternatif. A l’issue de leur longue enquête historique, Jean-Baptiste Fressoz et Christophe Bonneuil concluent eux aussi que « vivre dans l’Anthropocène [...] peut être une expérience extraordinairement émancipatrice », car « c’est se libérer d’institutions répressives, de dominations et d’imaginaires aliénants ».


"C’est formidablement passionnant. De gré ou de force, il faut s’y atteler."

Savoir que la fin de l’aventure humaine est proche pourrait donc être enthousiasmant et nourrir le sens d’une vie ? C’est en tout cas la conviction de Matthieu Auzanneau, qui dirige depuis deux ans The Shift Project, une association française qui s'est donnée pour objectif l'atténuation du changement climatique et la réduction de la dépendance de l'économie aux énergies fossiles. C’est au début des années 2000 que cet ancien journaliste, économiste de formation, a lui aussi fait le deuil du monde qu’il avait connu jusque-là. Après le désespoir, il y a eu la rémission. « Et aujourd’hui, pour moi, c’est tout sauf un enjeu désespérant, c’est le grand défi lancé à l’humanité technique pour ce siècle, le premier peut-être qui n’a rien d’un mystère puisqu’il s’agit d’un défi physique (13). » Le quadragénaire y voit l’occasion de poser le problème écologique non pas comme un problème éthique, mais comme un problème technique. «C’est formidablement passionnant. De gré ou de force, il faut s’y atteler. »

En enquêtant en profondeur sur le pétrole (14), il a saisi à quel point l’énergie était au cœur du fonctionnement des sociétés actuelles, à l’image du sang dans l’organisme humain. « Chaque époque a ses défis vitaux et la transition énergétique est vraiment le problème du système sanguin de notre société technique », explique le militant, qui croit en une société « plus sobre, plus paisible et plus robuste car moins tributaire d’une dépendance périlleuse aux énergies fossiles ». « Il y a beaucoup à faire, il y a beaucoup de solutions mais elles demandent une audace politique telle que celle qu’ont eue nos aïeux au sortir de la Seconde guerre mondiale. » Les sociétés européennes se sont alors pacifiées en mettant en commun leurs intérêts énergétiques au sein de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, premier pilier de l’Europe politique.

Sa survie, Matthieu Auzanneau l’a assurée en sortant « de sa tour d’ivoire » de journaliste distribuant bons et mauvais points, pour plonger lui-même les mains dans le cambouis. A l’écouter, je me demande, cher lecteur, si je suis toujours en capacité de t’informer? Le cas échéant, voudras-tu, pourras-tu supporter mes discours catastrophistes ? Car comme le rappellent Pablo Servigne et Raphaël Stevens, « l’impasse est évidente : soit on dit les choses telles qu’elles sont, sans détour, mais alors on court le risque d’être taxé d’oiseau de mauvais augure (et on perd toute crédibilité aux yeux de certains), soit on dit les choses de manière édulcorée en évitant les chiffres trop durs [...] et on court le risque d’être relégué au dernier plan des priorités politiques parce que la situation n’est pas encore jugée trop grave (15). » Car si une information complète est indispensable aux lecteurs pour prendre conscience du risque climatique et passer à l’action, la peur est rarement bonne conseillère. « Il y a un danger à exagérer la science d’une manière qui présente le problème comme insoluble et nourrit un sentiment de fatalité et de désespoir », avertissait sur Facebook le célèbre climatologue américain Michael Mann, réagissant à un article catastrophiste du New York Times paru en juillet 2017.


Les journalistes qui couvrent les questions climatiques "devraient avoir droit à une prime d'anxiété"

Pablo Servigne et Raphaël Stevens soulèvent un autre paradoxe. Si par mégarde, on annonçait trop tôt et avec trop d’aplomb un effondrement, il serait « alors possible de déclencher une panique des marchés (ou des populations) et de causer par anticipation ce que l’on souhaitait justement différer. L’autoréalisation pose donc la question stratégique suivante : peut-on s’y préparer tous ensemble sans le déclencher ? Doit-on en parler publiquement ? Peut-on le faire ?»

Comment donc continuer à faire mon métier correctement ? Désorientée, je suis allée poser la question à mon confrère du Monde, Stéphane Foucart. Lui qui écrit sur les sciences de l’environnement depuis vingt ans était parvenu à survivre. Comment avait-il fait ? Comme à chaque fois que j’avais posé cette question autour de moi, sa réponse a commencé par une chute dans un puits sans fond : « dans cette rubrique, a-t-il posé d’emblée, il n’y a que du désespoir. Et pas d’amélioration à entrevoir. La situation ne peut que s’aggraver. La personne qui dans une rédaction couvre les sciences de l’environnement est celle qui concentre le potentiel d’anxiété maximal de toute la presse, et de la société en général. Quand tu couvres le changement climatique, les perturbateurs endocriniens, la biodiversité, les pesticides... tu concentres sur toi toutes les inquiétudes du monde. Pour cela, je me suis toujours dit que tu devrais avoir le droit à une prime d’anxiété (16). » Une fois installés confortablement au fond du puits, on a pu songer à remonter à la surface : « Je suis convaincu qu’on peut être heureux dans un monde épouvantable, a poursuivi Stéphane. A mes yeux, le niveau de confort matériel ne fonde pas le bonheur de vivre. La question, c’est de savoir de quelle manière on investira ce monde-là. Traiter des questions écologiques peut être déprimant car on parle d’un énorme sabotage qui n’épargnera aucune région du monde. Mais c’est aussi traiter de nouvelles opportunités, possibles et enthousiasmantes, comme réinventer les sociétés, dépasser la consommation matérielle ou encore repenser notre rapport à la nature. »

Dans sa pratique professionnelle, Stéphane a l’idée que ses articles ont une utilité sociale ou politique. « Ça m’a énormément changé de m’être frotté à la controverse climatique, se souvient-il, de voir qu’on pouvait monter de fausses controverses en épingle pour retarder le plus possible l’action politique et perdre 10, 20 ou 30 ans ! C’est bizarre en tant que journaliste d’avoir affaire à des scientifiques qui énoncent des contre-vérités tout à fait stupéfiantes. Quand on pense qu’en France, le haut lieu du climato-scepticisme a été jusqu’il y a peu l’Académie des Sciences, que ce lieu censé incarner la science a été le plus poreux et le plus perméable à la propagande climato-sceptique, c’est très perturbant. Ça a été un bouleversement de ce que je percevais de ma fonction. Moi qui pensais devoir être un pont entre les scientifiques et le grand public, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de scientifiques qui prenaient la parole non pas au nom de la science, mais au nom de leurs préjugés ou de leurs conflits d’intérêts. Cela m’a amené au fact-checking. Et depuis des années, je vérifie inlassablement toutes ces infos. » Sa mission : donner des informations crédibles et honnêtes qui permettent de fonder sa propre opinion et de faire évoluer la politique. Mais son rôle s’arrête là. Pas question de dire ce qu’il faudrait faire. « J’estime que ce n’est pas à moi de communiquer là-dessus. »



Les écogestes : "C’est insuffisant, mais c’est le minimum requis."

Étrangement pour moi, cette prise de conscience n’a pas changé de manière fondamentale sa vie personnelle ou sa façon de consommer. « L’idée que l’on puisse résoudre cette situation uniquement avec des comportements individuels, c’est un leurre, c’est même dangereux à mon avis, s’agace-t-il. L’idée qu’il suffirait qu’une minuscule fraction de la société soit très savante et très consciente est une idée fausse. Fondamentalement, c’est une question politique. »

Journaliste écologiste à Mediapart depuis sa création il y a dix ans, Jade Lindgaard ne partage pas ce mode de survie exclusivement professionnel. Pour elle, les solutions purement personnelles, les éco-gestes - comme ce satané robinet que l’on ferme, ou non, lorsqu’on se lave les dents - sont aussi essentiels que la pression sur les politiques exercée via son engagement journalistique. Ils constituent les deux faces d’une même pièce. « Se penser, se construire comme usagers revient à s’envisager soi-même par rapport aux autres. C’est jouer collectif, prendre en compte les autres. C’est une esquisse de politique. Et pourtant, regrette-t-elle, les micro-gestes sont constamment dévalorisés par le discours ambiant : inefficaces, inutiles, pénibles, dangereux dérivatifs de la critique du système (17). »

Dans son livre Je crise climatique, elle développe sa pensée : « Oui, ça vous complique la vie de multiplier les critères de décision de vos choix de vie. Mais ça vous donne de l’air. Vous reprenez de la force de décision sur votre quotidien. Comme lorsque vous quittez EDF pour un fournisseur d’énergie verte et vous approvisionnez en électricité de source renouvelable. C’est une rupture de ban, une sortie de jeu. A condition de ne pas se laisser bercer par l’illusion du développement durable, de ne pas croire qu’il suffira d’agir un peu différemment, un peu plus vertement. Mais que ce doit être le début d’autre chose. Une forme douce de boycott. Une petite brique pour contribuer à un changement de système. Comme enfiler un préservatif pour ne pas contaminer son partenaire ou attraper une maladie sexuellement transmissible : votre précaution personnelle n’arrêtera pas l’épidémie. Mais elle limitera sa prolifération. C’est insuffisant, mais c’est le minimum requis. »


"C’est peut être un combat douteux, m’a-t-il dit en citant John Steinbeck, mais à mon avis, ça vaut le coup de le mener"

A ceux qui se gondolent face à cette révolution des colibris (18), Jade Lindgaard rappelle que « les Etats n’agissent que sous la pression des citoyens » et assurent que ces microgestes feront la différence. Et de prendre le Velib parisien à témoin : « Le promeneur parisien découvrant par hasard une manif de vélos bloquant la circulation au début des années 1970 aurait-il imaginé que, 40 ans plus tard, la capitale se doterait d’une politique volontariste de réduction de la place de la voiture en ville en créant un système de partage de bicyclettes, en traçant des pistes cyclables sur les principaux axes et en supprimant les voies sur berges ? » La politique commence à sa porte : « Plus les citoyens adapteront leurs gestes routiniers à leur souci de leur environnement, plus ils seront susceptibles d’exiger des comptes de leurs dirigeants », promet la journaliste.

Si tu m’as suivie jusqu’ici, cher lecteur, c’est que toi aussi tu as renoncé au suicide. Sage décision ? Peut-être. Courageuse, sûrement. Car il va nous en falloir du courage pour relever ce défi que nous et nos ancêtres nous sommes nous-mêmes imposés. J’en parlais il y a peu à Gilles Ramstein, un ami paléoclimatologue qui, dans « ce combat d’intelligence », a choisi « d’éduquer les gens » pour leur permettre de prendre leur destin en main et tenter de modifier la trajectoire. « C’est peut être un combat douteux, m’a-t-il dit en citant John Steinbeck, mais à mon avis, ça vaut le coup de le mener ». Au terme de cette longue réflexion, je me dis qu’il a raison. Et je crois y voir un peu plus clair dans ce qui pourra m’aider à survivre, et même à continuer à t’écrire : participer à ce défi unique lancé à l’humanité, m’investir professionnellement pour tenter de limiter les impacts du changement climatique, découvrir et développer de nouveaux modes de vie, m’encourager par de petits gestes gratifiants à défaut de pouvoir seule faire pression sur les politiques, m’autoriser, parfois, à oublier ce que je sais. Ah, et puis, j’oubliais, le plus important finalement : rejoindre cette communauté, peut-être encore lilliputienne, mais si stimulante, si intelligente, si réconfortante, si audacieuse, si humaine, la communauté de ceux qui ont accepté de garder les yeux ouverts.



NOTES


1 Le Néerlandais Paul Crutzen se vit décerner le prix Nobel de Chimie en 1995 pour avoir, dans les années 1970 avec quelques autres chercheurs, tiré la sonnette d’alarme quant à la détérioration de la couche d'ozone stratosphérique sous l'effet des gaz CFC contenus notamment dans les aérosols et les réfrigérateurs. A cette époque, les gouvernements envisageaient de développer des flottes d'avions supersoniques – tel le Concorde – dévastateurs pour la couche d'ozone. 2 J-B. Fressoz et C. Bonneuil, L’événement Anthropocène - La Terre, l’histoire et nous, Seuil, 2013. 3 Op. cit. 4 George Marshall, Le syndrome de l’autruche : pourquoi notre cerveau veut ignorer le changement climatique, Actes Sud, 2017. 5 Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Créé en 1988 pour assister les Nations unies, il regroupe des scientifiques du monde entier et est chargé d’évaluer l’évolution du changement climatique et ses conséquences sur nos sociétés. 6 Dennis Meadows est un scientifique américain, co-auteur du célèbre rapport du club de Rome The Limits to Growth. En 2004, dans un nouvel ouvrage (The limits to growth, The 30-Year Update), les quatre auteurs ont enrichi leur analyse de nouvelles données. 7 Barjavel, « Vénus et les enfants des hommes » in Les nouvelles littéraires, 1962. 8 Op. cit. 9 La collapsologie (de collapse, effondrement en anglais) recouvre tout ce qui a trait à l'étude de l'effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. Selon l’ancien ministre écologiste Yves Cochet, l’effondrement est “le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadré par la loi”. 10 Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé - Quand l’impossible est certain, Seuil, 2002. 11 Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer - Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Seuil, 2015. 12 Fabrice Nicolino, Ce qui compte vraiment, Les liens qui libèrent, 2017. 13 Entretien avec l’auteure, 27 mars 2018. 14 Matthieu Auzanneau, Or noir - La grande histoire du pétrole, La Découverte, 2016.

15 Op. cit.

16 Entretien avec l’auteure, 5 mars 2018. 17 Jade Lindgaard, Je crise climatique - La planète, ma chaudière et moi, La Découverte, 2014. 18 Le mouvement des Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi, son fondateur : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !" Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part." »




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